Christine Lagarde au FMI : ce qui n'a pas été écrit
23/07/2011
La nomination par consensus de Christine Lagarde au poste de directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) en juin 2011 ne serait pas due au hasard.
Selon des banquiers français, et au-delà du curriculum vitae de l'ex-Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie et ex-conseillère de Paris, la nomination de la candidate des pays européens aurait été favorisée par le bouleversement du calendrier des élections au FMI et à la Banque Mondiale.
Le départ anticipé du FMI de Dominique Strauss-Khan en mai 2011 vient modifier l'ordre dans lequel se déroule les élections dans les deux institutions. Il s'inverse : la nomination du directeur général du FMI devait initialement se produire à l'automne 2012, soit après l'élection du président de la Banque Mondiale, prévue à l'été 2012. Une aubaine pour les pays émergents qui demandent que le FMI, qui a toujours été dirigé par des Européens, sauf pour de brèves périodes d'intérim, puisse être dirigé par un candidat présenté par un pays émergent.
Pour être sûr que les Français et les Européens soutiennent un candidat américain à la présidence de la Banque Mondiale en juillet 2012, les Américains se sont assez rapidement ralliés à la candidature de Christine Lagarde qui a le soutien des Européens ; ils ne se sont donc pas rangés en faveur d'un candidat d'un pays émergent, et pas même en faveur de Agustin Carstens candidat du Mexique, pays membre avec les Etats-Unis de l'ALENA (accord de libre échange nord-américain).
Selon toute vraisemblance, en juillet 2012, la prochaine présidence de la Banque Mondiale devrait revenir à un américain, comme toujours depuis la création de l'institution en 1945.
Christine Lagarde est le 5e français à diriger le FMI depuis 1946, et la première femme à être nommée.