Toujours est-il qu’on circule difficilement entre les chaises, et que les secrétaires de séances sont confinés derrière des pupitres aussi larges que leurs documents. Le conseil de ce mois de juin est amputé par 3 défections, dont celle de Pierre Lellouche, certainement accaparé par sa nomination attendue au nouveau gouvernement Fillon. Dix conseillers sont néanmoins présents, dont la seule élue de l’opposition Mme Rancon-Cavenel qui n’a de toute évidence d’autres choix que rester à son poste. Après l’approbation du compte-rendu du conseil précédent et la nomination des secrétaires de séance, le coup d’envoi est donné, place aux projets de délibération.

Concertation
Un projet plus politique d’apposition d’une plaque commémorant « le gouvernement de Catalogne en exil 1948-1954 » ne retient que deux voix pour, et 8 abstentions, M. Lebel en tête.
Realpolitik
Rebelote pour l’aménagement de pistes cyclables éligibles aux subventions de la région Ile-de-France est également unanimement adopté, sous réserve que le projet soit appliqué en concertation avec les conseils de quartier. Il s’avère effectivement que les couloirs de vélos servent souvent de réserve temporaire pour le stationnement des voitures, ce qui peut être dangereux pour la sécurité des cyclistes.
Le principe d’aménagement de la place Clichy semble animer davantage les échanges verbaux. Véritable boyau de déversement des voitures venues des banlieues nord de la capitale, la place nécessiterait des travaux pour la rendre plus praticable aux piétons. La discussion est vive parmi les élus qui s’accordent sur le fait que la réduction de la voierie ne ferait que déplacer le problème, en augmentant les embouteillages et la pollution dans les rues attenantes. Ce qui n’empêche pas le projet d’être là encore unanimement adopté. La discussion est indéniable, mais toute confrontation verbale ou polémique superflue restent superbement ignorées. Le conseil commente, sans trop s’attarder.
Parmi les vœux adressés à la Mairie de Paris, un en particulier semble néanmoins échauffer les esprits. Sur les Champs-Elysées, les îlots de piétons et les feux directionnels sont supprimés pour les cérémonies du 14 Juillet, et reposés après la fin du Tour de France. Cet intervalle pose problème. Pour M. Lebel, la traversée s’avère véritablement périlleuse. Le conseil exprime donc unanimement sont désir de voir ces îlots remis en place dès le 14 au soir, et que le Tour de France prenne à sa charge le coût de la dépose et de la pose de ces îlots pour l'arrivée du Tour de France. Vœux pieux semble t-il, puisque le problème dure selon le maire du 8ème depuis maintenant quinze ans, sans réaction de la part de la Mairie de Paris.