

Trois salles de la galerie sont consacrées à la période faste du peinte, soit de 1907 à 1914, puis d'un coup, les oeuvres apparaissent moins lumineuses. Le fameux romantisme de Kandisky devient mélancolique. Cette perte d'inspiration, comme le peintre l'avoue, concorde avec son retour forcé à sa terre natale lors de la déclaration de la 1ère guerre mondiale. Le tableau Dans le gris peint en 1919 évoque une souffrance intérieure forte.
Ce n'est qu'en 1922 qu'il peint son oeuvre magistrale Composition VIII, aboutissement d'un travail fondé sur trois évolutions artistiques, ces oeuvres se nommant d'abord Improvisation, Impression puis Composition. Le cavalier, thème favori de l'artiste à ses débuts, disparaît au profit d'une forme qu'il admire désormais : le cercle. C'est à la 7ème salle dédiée à ses oeuvres de la période où il revient en Allemagne en tant que maître à l'école de Bauhaus. Le spectateur ressent une stabilité, une construction presque parfaite. Le lyrisme impulsif des années Murnau est délaissé.
Mais il parvient à aller au-delà de l'abstraction la plus pure. Il s'installe à Neuilly-sur-Seine dans la région parisienne en 1934 et se lie d'amitié avec la scène surréaliste parisienne, des noms tels qu'André Breton, Max Ernst, ou Hans Arp. C'est ainsi qu'il développe de nouvelles formes qui s'inspirent des découvertes scientifiques de l'époque : embryons et formes zoologiques microscopiques. La poésie est à son paroxysme : il suffit d'admirer dans la dernière salle l'oeuvre intitulée Mouvement I où des points lumineux flottent dans un fond sombre, comme en apesanteur. Il avouera lui-même : « il faut être un authentique poète pour faire de l'art abstrait.»
