Louis XVI dont le règne et la mort marquent la transformation de la société française a inspiré de nombreux artistes. La Révolution et l’Empire aussi.
Visitez vite la salle 4, au 9 rue Drouot dans le 9e arrondissement de Paris, où l’exposition se déroule mercredi 17 octobre 2012 de 11h à midi avant que la vente, aux thèmes souvenirs historiques, familles royales et militaria, ne commence à 14h sous le marteau de Maître Olivier Coutau-Bégarie, Commissaire-Priseur à Paris. Les frais en sus des prix d’adjudication sont de 24,92% TTC et les estimations communiquées dans l’article sont données hors frais de vente.

Louis XVI est à Drouot

Caisse de l’extraordinaire
Imprimé à l'encre noire avec signature autographe, il porte le numéro d’émission : 13832, à l’encre. Pliures et petites déchirures au centre, mais bon état dans l’ensemble, l’assignat est conservé dans un encadrement postérieur en bois. A vue : H. : 16, 5 cm L. : 16, 5 cm. L’adjudication devrait intervenir vers 150 à 200 €. Il valait mieux placer les 200 livres en Louis d’or. Sinon, avec 200 livres, il était possible d’acheter dans la décennie 1780 près de 10.000 œufs, puisqu’une douzaine d’œufs coûte environ 5 sols soit un quart de livre (1).

L’affaire du collier

Marie-Antoinette est aussi présente
Mais si les pieds de la Reine ou la mode juste avant la Révolution sont source de fantasmes pour un collectionneur, le lot n°20 est pour lui à la condition qu’il y mette le prix, car l’enchère doit se situer entre 8.000 et 10.000 €.
L’objet de désir, une paire de souliers, en soie, de couleur verte alternée de bandes roses ornés sur le devant d’un nœud, retenu par un ruban plissé en soie de même couleur. Talon en bois recouvert de peau blanche, semelle de marche en cuir, bout pointu, intérieur en peau blanche. Ce modèle est de pointure 36 1/2, correspondant à celle de la reine Marie-Antoinette. Les petits souliers sont marqués par les usures du temps, vendus en l’état. Dimensions : L. : 24 cm L. : 6 cm H. : 10 cm. Provenance : Cette paire de souliers fut offerte par la souveraine à Alexandre-Bernard Ju des Retz (1752-1837), qui a été conseiller au Parlement de Paris et auparavant, lorsqu’il était jeune, à son service à Versailles.
Le lot n°34 est une émouvante relique portée par la souveraine lors de sa captivité au Temple. Mancheron en jersey de coton blanc brodé dune couronne royale en fils rouge, conservé dans un cadre en bois doré, contenant au bas l’explication manuscrite, suivante : « Mancheron porté par la reine Marie-Antoinette pendant sa captivité au Temple, donné par S.A.R. la duchesse d’Angoulême, à la comtesse Ludovic de Poix, née Eugénie du Puy, à sa visite à Frohsdorf en 1851 ». Petites taches, vendu en l’état. Mancheron : H. : 13, 5 cm L. : 11, 5 cm. Cadre : H. : 21, 5 cm L. : 16, 5 cm. Enchère possible : 2.000 à 2.500 €. Mais elle peut être largement dépassée.
Après le Roi et la Reine, le Dauphin, le futur Louis XVII qui ne régna pas, est aussi présent dans la vacation.
Le Dauphin Louis XVII est avec ses parents
Le lot n°36 représente le Dauphin en compagnie de Madame Royale. La gravure d’époque de la Restauration les représente alors qu’ils examinent une carte d’Allemagne. Conservée dans un encadrement moderne à baguette noire, elle est en bon état. H : 42,5 cm L ; 50 cm. Estimation : 300 à 400 €.
Et le lot 38 bis est une œuvre de Gabriel prénommé Georges-François-Marie (1775-1836). C’est un portrait du cordonnier Antoine Simon (1736-1794), gardien de Louis XVII au Temple. Dessin à la sanguine le représentant de face en buste, vêtu d’un chapeau, signé en bas à droite « Gabriel » et légendé en bas à gauche « Simon du Temple ». Conservé sous marie-louise dans un cadre ancien en bois doré. Bon état. Dessin : H.: 16 cm L.: 12, 5 cm. Cadre: H.: 25, 5 cm L.: 22 cm. Le marteau du commissaire-priseur doit s’abattre autour de 400 à 600 €.
L’Histoire est tragique…
Le lot n° 35 transmet les derniers adieux de la reine Marie-Antoinette. Gravure signée Alfred Cornillet, d’après le portrait peint par Henri Bource, imprimée à Paris par Alfred Chardon, la représentant embrassant sa fille Madame Royale en pleurs, auprès de la sœur de Louis XVI, Madame Elisabeth. Conservée dans un cadre en bois naturel orne d’une baguette dorée. Epoque : Restauration. H. : 72 cm L. : 50, 5 cm.
Pour chacun de ces deux lots, l’enchère gagnante peut se situer entre 200 et 300 €.
Mais après le Roi, après la Reine, les Girondins seront jugés et conduits à l’échafaud
Le lot n° 66 évoque une célèbre contre-révolutionnaire, elle aussi guillotinée. C’est un portrait de Charlotte Corday (1768-1793), la femme qui assassine Marat dans sa baignoire. Miniature sur ivoire, portant un monogramme sur la droite et la date : An 2. Cette miniature est réalisée d’après une œuvre légèrement similaire peint par Antoine Vestier.
Conservée sous verre bombé, dans un cadre en bronze doré, orné d’une bordure sculptée de feuillage stylisé, avec attache de suspension. Travail du XIXe siècle. H. : 9, 5 cm L. : 8 cm. Provenance : ancienne collection Cassel, vente Ader, 1953. Il faudra monter les enchères entre 800 et 1.200 € selon l’expert.
Avec le lot n°67, c’est encore la contre-révolution dont le souffle traverse la salle 4 de l’hôtel Drouot puisque c’est une cocarde vendéenne en tissu blanc, pour chapeau, qui est présentée. Conservée sous verre bombé dans un cadre en bois noirci et cerclé de laiton doré. Bon état malgré les usures du temps. Travail français de l’époque révolutionnaire et des guerres de Vendée. Diam : 7 cm. Cadre : H : 16 cm L : 14 cm. Son estimation est de 400 à 600 €. Des vendéens survivants des massacres feront-ils monter les enchères pour posséder ce témoignage du passé ? En ce cas, l’estimation sera dépassée.

Rare symbole de la monarchie constitutionnelle de 1791

Les attributs révolutionnaires : les armes des révoltés
Mais après la Révolution, la Directoire, Bonaparte et le Consulat, Napoléon et l’Empire et puis, une France épuisée et la Restauration.
… la France a connu tous les régimes
Et le lot n° 108 est une œuvre du peintre Auguste VINCHON (1789-1865). L’artiste né avec la Révolution représente le Roi Louis XVIII, présidant l’ouverture de la session des Chambres, le 4 juin 1814, en présence du duc d’Orléans (futur roi Louis-Philippe), du duc d’Angoulême, du duc de Berry, du prince de Talleyrand, des membres de la famille royale, des notables et pairs de France. Huile sur toile, conservée dans son cadre d’origine en bois doré. Etude préparatoire pour le grand tableau réalisé par l’artiste en 1838, à la demande du roi Louis-Philippe, pour figurer dans la Galerie de l’Histoire de France au château de Versailles et mis en place en 1842. Bon état. A vue : H. : 45 cm L. : 64 cm. Cadre : H. : 70 cm L. : 90 cm. L’estimation de 2.000 à 3.000 € permet à un amateur d’art et d’histoire de réaliser la belle affaire.
(1) En 1781, le régisseur du château de Matha (Charente-Maritime) payait la douzaine d’oeufs 5 sols (soit 0,25 livre) - source http://www.histoirepassion.eu
Autres articles
- 24 septembre 2012 : « La République est une et indivisible » depuis 220 ans
- 22 septembre 2012 : 220e anniversaire de la naissance de la République.
- 10 août 2012 : 220e anniversaire de la chute de la Monarchie.