90 % des débris de l'avion sont retrouvés et des traces de vêtements sont découverts dans l'un des réacteurs. L'Etat Libyen en cette fin des années 1980 est montré du doigt.
La Libye nie tout lien avec l'attentat mais en mars 2002, Abdel Basset Ali al-Megrahi, un ancien officier des services de renseignement libyen, est reconnu coupable du meurtre des 270 victimes. Il est condamné à perpétuité.
Une indemnisation record de 2,7 milliards de dollars
Abdel Basset Ali al-Megrahi est libéré fin août 2009 pour des raisons humanitaires, souffrant d'un cancer de la prostate en phase terminale. Des parents britanniques de victimes de Lockerbie expriment leur soutien à cette décision : "La perpétuation d'une atrocité ne peut et ne doit pas être une base pour perdre de vue qui nous sommes (...) La sentence imposée par une puissance supérieure est celle qu’aucun tribunal ne peut révoquer ou annuler (...) Il va mourir".
La libération d'Abdel Basset Ali al-Megrahi le prive d'un appel pour sa réhabilitation. En quittant l'Ecosse, il réaffirme son innocence dans un communiqué et exprime sa sympathie pour les proches des victimes. Il retourne mourir en Libye où il est accueilli le 1er septembre 2009 en tant qu' "invité principal" du 40e anniversaire du coup d'état organisé en 1969 par un Kadhafi âgé de 27 ans qui dépose, sans effusion de sang, le Roi Idriss 1er, en déplacement en Turquie.
Des doutes sur la responsabilité de l'Etat Libyen
Côté Libyen, selon le journal britannique Sunday Telegraph, Seif al-Islam le fils de Kadhafi avait rencontré en vacances sur l'île grecque de Corfou le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires, à l'Energie et à la Stratégie industrielle Peter Mandelson, lequel lui aurait confirmé que Al-Megrahi serait libéré par l'Ecosse. A l'arrivée d'Al-Megrahi à Tripoli, Seif al-Islam aurait également eu ces mots : "Je voudrais remercier le gouvernement écossais pour sa décision courageuse et sa compréhension d'une situation humaine particulière".
De l'autre côté de l'Atlantique, Hillary Clinton et John Kerry, avec d'autres, envoient des lettres de protestation à MacAskill. La Maison Blanche sous la présidence de Barack Obama publie également une déclaration dans laquelle elle dit "regretter profondément" la libération d’Al-Megrahi.
En Grande-Bretagne au contraire, le doute sur la culpabilité d'Al-Megrahi est relativement répandu, que ce soit parmi des familles des victimes ou chez des juristes et experts. Il se base sur les failles dans le procès et dans les preuves utilisées pour faire condamner Al-Megrahi, révélées dès 2001.
Une enquête qui innocente la Libye
La Libye en attente d'élections
Elle permet également de remettre la Libye au coeur de l'actualité sous un jour nouveau, alors que les Libyens attendent la tenue d'élections démocratiques dans leur pays, qui en a le plus grand besoin, pour chasser du sol les milices pro-Al Qaïda et pro-Daesh qui entretiennent la guerre et sèment la terreur et la désolation.