Un kiosque indésirable
André Minos, 87 ans, président de l'association Comité de défense des habitants et travailleurs du quartier latin et de ses environs 5e et 6e :
- "C'est la disparition de quelque chose d'indésirable... c'est tout... voilà... Voilà ce que nous fêtons !"
Ce "quelque chose d'indésirable" ne fut rien d'autre qu'un kiosque de ventes à emporter installé sur la Place Saint-Michel, une décision approuvée à l'unanimité des élus au conseil du VIe arrondissement en mars 2012.
Particularité : aucune réunion publique locale n'avait fait état de l'arrivée le 1er juin 2012 du kiosque à proximité de la Fontaine Saint-Michel inscrite au titre des monuments historiques.
Ce n'était pas faute au maire du VIe d'avoir travaillé dès 2011 avec la Mairie de Paris sur des emplacements à louer pour des commerces de rue dans le VIe arrondissement. Des adresses sortirent du chapeau. La place Saint-Michel a fait l'objet d'une signature d'une occupation du domaine public à titre provisoire.
"Se serrer les coudes"
Mal à l'aise et mécontents, ils décidèrent de se mobiliser contre la décision des élus. Une véritable stratégie fut mise en place, assortie d'une pétition de plus de 500 signatures, servie par une solidarité sans faille, toutes opinions politiques confondues.
"Rien n'était gagné d'avance" raconte une riveraine "car le kiosque a fait l'objet d'un vote au conseil de Paris !"
La stratégie choisie s’avère payante, aidée en cela par "les erreurs du maire", la "concurrence déloyale" faite aux commerçants, l'apparition "des dealers" chassés par les travaux aux Halles, le "trafic de drogues" masqué selon des policiers par le kiosque, les "plaintes pour agressions" et l'impossibilité pour l'une des caméras de vidéoprotection de la Préfecture de police de Paris de surveiller la Place Saint-Michel "à cause de la cabane".
La réussite ? "La solidarité incontestablement" résume André Minos, "l'union fait la force".
L'ancien conseiller du VIe arrondissement de 2001 à 2008 insiste sur la victoire des riverains de son quartier :
- "C'est quand même quelque chose d'important parce que à l'avenir ce sera l'empêchement de renouveler des choses semblables sans l'avis de l'environnement c'est-à-dire des commerçants et des habitants. On ne réaménagera pas un coin du VIe arrondissement sans consulter. Voilà, c'est cela le plus important".
Que ce soit pour les commerçants qui ont retrouvé le sourire après une baisse de plusieurs mois d'affilée de leur chiffre d'affaire ou pour les amoureux des belles places de Paris, "le plus important, c'est que la cabane soit partie et bien partie".
Le kiosque a quitté la place Saint-Michel au bout de 8 mois et 19 jours. Peu de temps après, le maire a été vu en famille dans le quartier à la table d'un restaurant où il aurait été invité.
Un kiosque voyageur
Il existait un problème technique sur l'implantation du kiosque : l'accès au réseau d'électricité. Le maire du VIe a trouvé une solution. A sa demande, la Société de Géographie, dont il est membre du conseil d'administration et où il organise des réunions politiques, a accepté le branchement électrique provisoire du kiosque Saint-Michel car "Jean-Pierre Lecoq est partie prenante". Le câble sort du sous-sol du bâtiment, remonte le mur, surplombe le trottoir, passe au-dessus des passants et rejoint le kiosque situé à l'angle de la rue des Saints-Pères et du boulevard Saint-Germain.
Les riverains sont loin d'être conquis. La défense du site du boulevard Saint-Germain s'organise déjà dans le VIe et dans le VIIe arrondissement. Le kiosque voyagera-t-il une 2e fois ?
A suivre sur Paris Tribune...


- 26 octobre 2012 : Jean-Pierre Lecoq accusé de mentir.
- 27 octobre 2012 : Concession Place Saint Michel : les questions et propositions des commerçants.
- 10 décembre 2012 : Que se passe-t-il entre la mairie du 6e arrondissement et l'association des riverains et des commerçants de la place Saint-Michel ?
- 12 décembre 2012 : David-Hervé Boutin : "Mea Culpa au nom de la municipalité".
- 22 février 2013 : Le kiosque a quitté la place Saint-Michel.