Et si au lendemain du 1er tour, l'UMP et le Président de la République Nicolas Sarkozy taclent les Primaires socialistes, en revanche Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, prend acte, lors de son point presse le 11 octobre 2011, du changement de comportement des Français et pronostique que "le mécanisme des primaires finira par s'imposer en France." Comment cela fonctionne-t-il ?
En arrivant dans le bureau de vote, tout se passe en réalité comme à l'accoutumée, avec des petits 'plus' ou 'moins'.
Paris Tribune a suivi pour ses lecteurs le déroulement des phases-clés du 1er tour dans un bureau de vote dans le 6e arrondissement de Paris.
Etape n°1 : l'on vérifie si vous êtes bien inscrit sur les listes électorales.
Puis, l'on vous fait signer la liste d'émargement : étape n°2.
Le premier petit 'plus' ou 'moins' des Primaires socialistes : le versement d'une participation financière, un peu à la manière des éco-participations systématiquement appliquées lors d'achats d'appareils technologiques prévoyant le coût du recyclage des composants.
Deuxième petit 'plus' ou 'moins' : la signature valant "engagement de reconnaissance dans les valeurs de la Gauche" est assortie de 2 phrases, comme une promesse, un engagement contractuel ou encore une profession de foi :
"Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d'une société de liberté, d'égalité et de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès social.
Ma signature sur cette liste d'émargement vaut engagement de reconnaissance dans les valeurs de la Gauche dont j'ai pris connaissance et confirmation de ma contribution aux frais d'organisation des Primaires".
L'étape n°2 se termine avec la prise des bulletins et d'une enveloppe.

L'étape n°4 : le dépôt du bulletin dans l'urne, une fois signé la liste d'émargement au moment du vote, comme dans n'importe quelle élection en France.
Le troisième petit 'plus' ou 'moins' des Primaires socialistes : la possibilité de laisser ses contacts sur une liste à l'aide d'un stylo numérique. Sur la base du volontariat, les électeurs écrivent leurs coordonnées pour être tenu informés des résultats du vote. Le stylo numérique enregistre les données inscrites sur un papier spécifique muni d'une trame, un fond grisé.
Les 3 listes d'émargement sont mises sous scellés avant le dépouillement des votes. Transportées au siège du parti, un huissier opère les vérifications. Elles restent sous scellé jusqu'au 2e tour des Primaires socialistes où elles seront de nouveau utilisées pour vérifier et comptabiliser la participation.
Quatrième 'plus' : à l'issue des Primaires socialistes, les listes seront détruites.
Cinquième 'plus' ou 'moins' : aucun vote par procuration n'est possible.
Le stylo numérique a une double utilisation : faciliter la récupération des données personnelles laissées par les électeurs souhaitant être mis au courant des résultats des élections et remplir le procès-verbal (PV), étape n°5.
Le nombre de signatures d'émargement est comptabilisé puis reporté sur le procès-verbal.
Etape n°7 : le contenu du PV (le nombre de voix par candidats), saisi par le stylo magique, est transmis au niveau national et non au niveau local pour éviter les risques de fraude.
L'utilisation du stylo numérique devrait faire des émules. Exit le vote électronique, qui vient de prendre un sacré coup de vieux. "Victime de son succès", disent les responsables du Parti socialiste, le système, via la ligne d'Audiotel spécialement attribuée, connaît des bugs et empêche la transmission de toutes les données, à J+2 après le 1er tour et à J-6 du 2e tour des Primaires socialistes.
- 10 octobre 2011 : Primaires socialistes : la cagnotte du bureau 6ED.
- 10 octobre 2011 : 2e tour des Primaires socialistes : aucun candidat n'est propriétaire de ses votes.
- 8 octobre 2011 : Le 6e arrondissement se prépare aux primaires socialistes.