Le contexte est particulier : à la fin de la guerre de 1870, la France est isolée par Bismarck, ministre de Guillaume II. Les premiers emprunts russes sont lancés en 1888. Lorsqu'en 1891 le Chancelier quitte l'Empereur d'Allemagne et roi de Prusse, la France cherche à revenir sur le devant de la scène internationale. Pour contrer la "Triplice", la triple alliance conclue le 20 mai 1882 entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, elle se cherche un allié. Une première convention avec un objectif militaire est signé en 1891 entre la France et la Russie. Mise en route dès 1891, la convention est ratifiée en 1894 par le Président de la République Sadi Carnot. Elle stipule que si l'une des nations de la Triple Alliance attaque la France ou la Russie, les forces militaires des deux pays se rassemblent pour combattre l'ennemi. Afin de ne pas raviver les tensions entre Français et Allemands, elle est cachée au grand public jusqu'en 1895.

Si aucun secret de collectionneur n'est dévoilé durant la visite, certaines pièces proviennent du premier musée russe à Paris, le Musée Nicolas II, ouvert boulevard Poissonnière en 1897. Fort d'une collection de 16.000 objets (22.000 en 1898), le musée ferme à la fin de l'année 1899 pour une raison inexpliquée. Philippe Deschamps, son créateur, un publiciste et écrivain russophile incroyable, donne plus de 6.000 pièces à la Russie et à la Grande-Bretagne. Le reste du fonds franco-russe se trouve actuellement à Cherbourg.
En découvrant la collection amassée depuis 40 ans, Son Excellence Alexandre Orloff, Ambassadeur de la Fédération de Russie, lui-même collectionneur, atteste qu'il s'agit bien d'une collection unique. L'exposition est d'ailleurs placée sous son Haut Patronage et sous ceui de François Lebel, maire du 8ème. Le Musée de la Marine à Paris ne s'y est pas trompé non plus. Il propose de présenter l'exposition à Toulon, escale de la marine russe en 1893.
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