
Subventionné ponctuellement par la région Ile-de-France et par l’Etat, la dotation versée par la Ville de Paris représente près de 30% du budget de fonctionnement du musée. Et lorsque la ville, par un simple courrier, décide en mai de supprimmer 150.000€ de subvention sur un total de 317.000€, c’est le choc.

Dans un audit commandé la même année, la mairie exige « plus de clarté administrative dans le fonctionnement ». L'activité du Musée en Herbe est perçue comme « trop récréative » et son concept « dépassé ». L’association est aussi accusée de « ne pas avoir su s’adapter à un nouvel environnement », toujours selon la direction des Affaires Culturelles.
La direction du musée réagit en répondant point par point aux directives de l’audit, mais refuse de pratiquer une politique de ségrégation géographique. Finalement, courant mai, un recommandé discret de la mairie annonce la suppression définitive de versement, même si elle reconnait le respect scrupuleux des ordonnances de l'audit. « On nous coupe littéralement l’herbe sous le pied » ironise Emmanuelle Chrétien, la chargée de communication. « Cette décision de la Mairie va à l’encontre de la circulaire 2008-59 du 29 avril 2008 de l'Etat, lui-même determiné à faire de l’éducation artistique et culturelle une priorité pour tous les enfants, sans discrimination quelconque. »
Malgré l’apport de capitaux de ses principaux partenaires (La Poste, Yoplait et le Centre National Interprofessionnel de l’Industrie laitière), le musée ne peut toujours pas boucler son budget et la direction prévoit une fermeture définitive. « Je passe mon temps au téléphone à échelonner nos dettes, prolonger les délais de paiement et parer aux dépenses les plus pressées », soupire la comptable du musée.
La disparition du musée provoquerait le chômage technique d’une douzaine d’employés, dont plusieurs mères de famille embauchées depuis la création des lieux. Une pétition publique est actuellement en ligne sur le site eponyme de l'association, et d'aprés la directrice Sylvie Girardet, elle aurait recueillie 1500 signatures.
