Alain Boutebel, ex-chef du service économique de Tripoli et actuel directeur de la Mission Economique-Ubifrance en Algérie, témoigne : la Libye "a remboursé toutes ses dettes" et "les investissements de l'Etat libyen demeurent très importants notamment dans le domaine des infrastructures et du tourisme". Il n'hésite pas à parler franc : la concurrence des entreprises turques, coréennes, chinoises et italiennes "est féroce". Pour illustrer ses propos, il explique qu'il n'est pas inhabituel que, "même signés à l'issue de longues discussions", les contrats peuvent "être remis en cause et renégociés". De quoi faire frémir les moins endurcis des hommes d'affaires. Les affaires sont les affaires.

Avec la guerre, quels sont les objectifs économiques de la France en Libye ? Les patrons français pourraient perdre leurs positions si chèrement acquises en Libye et chez ses partenaires africains. S'ils espèrent des contrats mirifiques avec le CNT, le gouvernement rebelle choisi par la France, au nom de sa souveraineté, ils savent qu'ils risquent gros et pourraient perdre des marchés en cas de renforcement de l'Etat libyen et de ses institutions, toujours reconnus par l'ONU. Les chefs d'entreprise français se font discrets.
Pourtant, nous venons d'apprendre que la société Peugeot a refusé début juin 2011 de vendre 6.000 véhicules de tourisme non concernés par l'embargo, à une société libyenne. 6.000 commandes en moins pour la France. "Saleté de guerre" ose un responsable économique, en prenant soin d'éviter de citer un responsable politique.
- Des listes de responsables Libyens en cours d'élaboration.
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- 9 août 2011 : Une commission d’enquête sur l'intervention militaire en Libye ?
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